Archipel des Cendres

L’Archipel des Cendres

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Géographie et gouvernance

L’espace que l’on surnomme l’Archipel des Cendres s’étend du nord des Néréïdes et regroupe un peu plus d’une cinquantaines d’îles et autant d’îlots. Si ce territoire ne correspond à aucune division territoriale politique, on a coutume de dire que tant que l’on trouve du sable noir en creusant un pied sous terre, c’est que l’on a mis pied sur l’une des îles de l’archipel.

Les îles de la province sont coiffées de jungles envahissantes, de volcans encore éveillés et de ruines anciennes et inexplorées. Les plages de sable blanc sont bordées d’une mer turquoise et chaude. Le soleil y est écrasant et l’humidité étouffante, tandis que les nuits sont plus fraîches, ce que induit une activité humaine largement nocturne. L’étendue géographique de l’Archipel est très vaste, et la faible population qui l’occupe en fait une province mystérieuse et d’autant plus superstitieuse.

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L’Archipel est une anomalie Ilmioraine à plusieurs niveaux. Elle est la seule province de la fédération à être exclusivement insulaire, par opposition aux provinces hybrides comme les Néréïdes ou comme la zone qui sépare Bakshaan de l’Égide du Couchant et qui sont toutes deux rattachées à une cité-état sise sur la terre ferme. L’Archipel a donc pour frontière la côte Ilmioraine à l’Est, les îles des Néréïdes au sud et, au nord, une frontière incertaine qui n’a jamais été vraiment définie. C’est principalement dans ce vide d’autorité septentrional que l’on trouve que l’on trouve les ports pirates et tous les exilés de l’Archipel. Quant à l’Ouest, l’Archipel se trouve à la jonction entre la Mer Pâle au nord et le Plus Vieil Océan au sud. Le combat entre ces deux mers est farouche et provoque, dans l’Archipel, des courants imprévisibles qui ont fait chavirer plus d’un navire s’y étant aventuré.

A cette particularité d’étendue et de positionnement géographique s’ajoute une particularité de gouvernance. En effet, depuis la rétractation de l’influence Melnibonéenne, les trois principales cités (Aliisyos, Ephoran et Ketna) de l’Archipel ont prospéré à un rythme quasi-identique, à tel point qu’aucune n’a pu prendre le pas sur les deux autres, chacune se revendiquant comme le siège légitime du pouvoir de l’Archipel. Aujourd’hui, la province est pilotée à coup de compromis ponctuels et d’arrangements d’un temps. La règle tacite est la suivante : tant qu’aucune cité n’agresse ses sœurs, ses actions sont légitimes. De fait, la loi des hommes est peu influente en ville tant qu’elle n’attaque pas directement le pouvoir politique en place, et plus on s’éloigne des cités, moins la loi n’a d’influence jusqu’à complètement disparaître dans les atolls les plus lointains.

Histoire

L’Histoire telle qu’enseignée par les écrits Melnibonéens disent que l’Archipel était une région inoccupée avant l’arrivée de l’Empire Écarlate, le territoire ayant été peuplé de l’ethnie Nëlin présente plus au sud. Cette version est contestée par Elbus Kessar dans son ouvrage Dans le Sillage du Dragon en raison de ruines découvertes datant, selon l’historien, de périodes plus anciennes que la conquête impériale. Kessar soutient que l’Archipel abritait autrefois des cités Nëlin qui aurait commis l’imprudence de ne pas courber l’échine face aux maîtres de l’Île aux Dragons, aboutissant à l’extermination de leur branche de civilisation et au repeuplement de la province par des sujets plus raisonnables.

Quelle que soit la version officielle, il semblerait que les premières spires Melnibonéennes Ilmioraines furent bâties dans l’Archipel. Ces trois édifices dix fois millénaires, que l’on nomme les Sœurs Noires aujourd’hui (le nom original de ces spires est inconnu), se dressent toujours, griffant le ciel de leur hubris. Autour de ces gigantesques monuments, que l’on dit façonné avec les cendres et les âmes des adversaires de l’Empire, trois cités furent construites pour habiter les populations soumises aux terrifiants propriétaires des Sœurs Noires.

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L’Archipel ne marqua pas l’Histoire durant le règne impérial, à la fois bien moins influente que de nombreuses cités voisines et présentant des perspectives de développement très limitées.

Les Sœurs Noires réapparaissent dans les écrits en -1557 avant l’ère des Jeunes Royaumes alors que l’Empire vit une débâcle sans précédent contre les armées Dharzi, particulièrement présentes dans les Terres du Nord. A cette époque, l’Empire lutte pour garder le contrôle des côtes du Plus Vieil Océan, et les cités de Jadmar, de Bakshaan et d’Elora sont en guerre depuis plus d’un siècle à ces fins. Profitant d’une brèche dans les défenses impériales, les armées bestiales font une percée vers les Sœurs Noires. Du haut de leurs spires d’ébènes, les sorcières Melnibonéennes révèlent à leurs frères même l’existence d’un pacte avec Chardros, une divinité pourtant bannie des cultes de l’Île aux Dragons. Quarante-cinq mille humains sont sacrifiés en une nuit, les ancêtres conquérants sont éveillés. Morts et vivants lancent un puissant sortilège qui anéantit toute vie dans l’archipel, couvrant la mer de flammes et faisant jaillir des volcans des flots. Le surnom “Archipel des Cendres” date de cette époque. L’armée Dharzi est anéantie, et l’Archipel, comme les Néréïdes, ne tomberont jamais aux mains des ennemis de l’Empire.

Enfin, lors de l’agonie impériale, les Soeurs Noires sont rapidement abandonnées par leurs maîtres qui se replient vers Imrryr. L’Archipel devient un repère de pirates et de corsaires dont le harassement des navires Melnibonéens, mais surtout de leurs alliés humains, participent à la défaite de l’Empire. Lorsque la fédération Ilmioraise est fondée, l’Archipel est vue comme une province dangereuse, un repère de brigands dignes, au moins un temps, de gratitude pour leurs efforts dans la libération du joug de Melniboné.

Les décennies passent, les esprits se tassent et la tradition pirate de l’Archipel meure petit à petit pour devenir celle de cités-état prospérant du commerce entre les nations.

Particularités locales

La Nuit du Neuvième Enfer

Le sortilège des sorcières, lors des guerres Dharzi, est sans conteste le fait historique le plus marquant de l’Archipel. Cet événement, que l’on surnomme également le Charnier, ou la Grande Nuit Noire, a tout simplement fait disparaître la vie humaine – à quelques rares serviteurs près – dans la région. La végétation a disparu, les animaux également, et la mer a bouilli. Le sable des îles est devenu noir, et pendant un temps, l’archipel semblait appartenir au royaume du Prince Macabre.

Ainsi, les habitants actuels de l’Archipel ne sont pas, en réalité, les habitants ancestraux des îles. La plupart viennent des Néréïdes, d’autres ont été déplacés depuis les terres Ilmioraises et depuis les cités de Fiikri et de Bakshaan en particulier. Les anciens habitants des îles ont laissé derrière eux leurs traditions et leurs secrets. Les traces du peuple brûlé hantent encore les esprits, et si les actuels occupants de l’Archipel s’estiment bien les propriétaires des lieux, ils n’en demeurent pas moins respectueux, et craintifs, de ceux-ci.

L’Archipel est unique en Ilmiora en raison de cette rupture civilisationnelle complète. Celle-ci provoque une sensation de vivre dans les traces d’une civilisation défunte qui explique de nombreux comportements et autant de superstitions des insulaires.

Une paradisiaque sépulture

L’Archipel se veut un lieu de vie à bien des égards : les fruits y sont juteux et sucrés, la végétation luxuriante et la faune abondante. Vents et courants agitent les flots et les feuilles, participant à la sensation d’une province en perpétuelle agitation, incapable de trouver un instant de sérénité. Les habitants de l’archipel ont été façonnés à l’image de leur environnement : leur amour pour le chant et la danse est bien connu des voyageurs, de même que la passion qui anime leur vie. Celui qui s’arrête à cette première impression pourrait croire que ces populations insulaires sont dépourvues de soucis, à l’abri des affres du monde sur leurs îlots isolés, et que les festivités si fréquentes en sont le témoignage

La réalité culturelle est toute autre et tient à l’héritage de la Grande Nuit Noire. Les habitants de l’archipel sont conscients de la bénédiction que les seigneurs élémentaires ont accordé à leur province, et ils ne manquent pas de les en remercier abondamment. Mais la population sait également que derrière la mascarade d’une vie sauvage et intense se cache le regard patient et macabre de Chardros. Car la terre de l’Archipel est plus proche du royaume du Seigneur de la Mort que toute autre, et la frontière entre les vivants et les morts n’en est que plus faible. Les histoires de tombes ouvertes, de corps qui disparaissent et de créatures cannibales putrides dans les mangroves n’en sont qu’une partie du témoignage. Pire encore, une porte des enfers se situerait dans l’Archipel. La porte même par laquelle Chardros s’est manifesté aux sorcières des Soeurs Noirs, lors du Charnier.

Alors on chante, on danse, et on assure qu’aucune nuit de soit silencieuse, de peur que la mort revienne. On craint les îlots isolés, et les navires aux voiles sombres. Malgré la chaleur, on garde les fenêtres fermées la nuit, de crainte que les âmes des rêveurs soient emportées par le souffle du vent. Les insulaires se forcent à vivre et à rire, à célébrer leurs morts comme si les décès étaient de meilleurs nouvelles encore que les naissances. Dans l’Archipel des Cendres, on ne parle pas de la mort de peur d’attirer son attention.

On offre le corps des défunts à Artigkern à la fois par tradition, par crainte que celui-ci ne libère son courroux si l’on cesse de le nourrir, mais aussi pour que ceux-là ne puissent être attrapés par Chardros.

La Guilde des Farceurs

Les artistes et saltimbanques jouissent d’une position sociale importante dans l’Archipel, car c’est à travers leur art, et les fêtes dans lesquelles ils l’exercent, que l’on éloigne la mort qui rôde dans la région. Mais l’humeur n’est pas à la fête tous les soirs et, dans ces moments, la civilisation paraît vulnérable. C’est dans ce contexte qu’intervient la Guilde des Farceurs, une guilde unique en son genre en Ilmiora. La mission de la Guilde est simple : parcourir villes et villages, de rue en rue, de place en place, en s’adonnant à toute sorte de blagues sous les rires des passants ou sous ceux de leurs camarades. Les Farceurs sont rarement innocents, et le plus souvent, leur œuvre implique la dégradation d’un bien public ou privé, ou même la santé de l’un des leurs, pour que les autres soient hilares. A force de métier, les Farceurs deviennent blasés et l’intensité recherchée grandit proportionnellement.

C’est ainsi que les insulaires s’assurent qu’aucune nuit n’est assez calme pour que les fantômes, âmes errantes et autres dieux de la mort ne s’invitent dans leurs communautés. Pour mener à bien cette mission, la Guilde prélève une taxe régulière, et gare à celui qui ne la paierait pas.

La Flotte Bariolée

Si l’unicité d’un navire fait la fierté de son capitaine et de son équipage, participant aux légendes qui les entourent, aucune caractéristique n’est aussi visible que ses voiles. Celles de l’Archipel sont connues dans toutes les Terres du Nord pour le patchwork de tissus et de couleurs qui servent de voilure aux bâtiments insulaires. Cet assemblage hétéroclite a donné le surnom de Flotte Bariolée à la flotte militaire assemblée de l’Archipel. Initialement, ce terme voulu péjoratif s’est transformé en symbole de fierté pour la province.

Historiquement, les drapés utilisés pour assembler les voiles de l’Archipel provenaient des Néréïdes en raison de la qualité très reconnue des tisserands locaux et, plus coquettement, de leur maîtrise de la coloration de tissus. Seulement, l’offre Nëlin n’a pu suivre la demande insulaire, et le pouvoir en place à Elora a convenu d’une règle : seuls les chutes des tissus utilisés pour les bâtiments Céruléens seraient vendues aux étrangers. Qu’importe, la qualité demeurait inchangée et, après quelques recherches sur les coutures, les capitaines de l’Archipel décidèrent de s’en contenter. L’assemblage tant bien que mal des chutes aux couleurs de l’arc-en-ciel donnait naissance à la Flotte Bariolée.

Depuis quelques années déjà, le Primarque a réduit davantage encore les exports de toile teintée. Ceci a poussé l’Archipel a chercher de nouveaux tissus, vers les Cités Pourpres ou le Vilmir, teints sur place ou à Fiikri à partir de pigments venus d’Occelia entre autre. La manœuvre Nëlin a provoqué l’émoi chez les populations insulaires, fières de leur différence et de ses origines.

Gastronomie insulaire

Pour un voyageur venu du continent, la gastronomie de l’archipel a de quoi surprendre le palais. Le régime insulaire comporte principalement du poisson, de coquillages et des fruits, dont les îles regorgent, à laquelle s’ajoutent occasionnellement des viandes blanches et pour les plus aisés des viandes rouges majoritairement venues du continent. Le pain local est sec et dense et il complémente tout repas digne de ce nom.

Lieux

Secrets

(Un secret est disponible pour les personnages ayant un score de Jeunes Royaumes 3 ET Loi&Chaos 3)

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