Aubec

La Légende du Comte Aubec de Malador

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Cinq ans avant l’Ère des Jeunes Royaumes, la province impériale du Lormyr est une terre divisée entre dynasties Melnibonéennes rivales sous la coupe du gouverneur Qeryyth U’saah Xa Lormyr, surnommé “Le Cruel”. Les conflits intestins qui rongent les familles rivales créent un affaiblissement général des forces Melnibonéennes locales, en plus de l’affaiblissement résultant de la guerre entre l’Empire Eclarlate et les Dharzi.

Trente ans avant l’Ère des Jeunes Royaumes naît Aubec, fils d’un fils de fils de serviteur, et ce depuis des millénaires, de la dynastie Kereii’n régnant sur une partie des côtes occidentales de la province. Les légendes disent que ce soir là, un épouvantable orage s’abattait sur le palais Kereii’n jusqu’au premier cri du nouveau-né.

Les érudits et les sages se déchirent sur la nature d’Aubec. Si certains n’en font qu’un homme ordinaire, d’autres le prétendent être le fils de Donblas le Justiciers tandis que d’autres, plus zélés encore, présentent la naissance d’Aubec comme la naissance d’un dieu.

Le jeune Aubec grandit dans de relativement bonnes conditions : on lui enseigne l’étiquette des esclaves humain, mais également la lecture du Commun. Le jeune homme croît physiquement dans des proportions rares pour le commun des hommes : il devient une force de la nature prodigieuse. Cette force est mise à rude épreuve par son maître au gré de combats toujours plus féroces jusqu’à ce que, ne trouvant pas d’adversaire à la mesure de son gladiateur et serviteur, l’héritier Kereii’n décide de l’opposer à l’un des rares ennemis qui ne serait pas battu si facilement : son propre père.

On ne donne aux deux hommes qu’une dague, mais ni Aubec, ni son père ne s’attaquent, ils en sont incapables. Ce statu-quo dure jusqu’à ce que le père d’Aubec soit frappé par un garde : le parricide aura lieu ce soir, que ce soit de la main du fils ou de la main du maître. Alors les hommes se battent, l’un pour le spectacle, l’autre pour sa survie, jusqu’à ce que la lame du père fende la chair du fils juste au dessus du cœur.

Le géant s’effondre, et son maître furieux accourt hâtivement, sous le choc d’un combat qu’il pensait gagné d’avance. Tandis qu’il se penche sur la dépouille de son esclave favori, celui-ci l’attrape au cou et après quelques secondes, lui brise la nuque, fracassant le crane de son maître sur le sol marbré. S’armant de l’épée de la famille Kereii’n, Aubec et son père profitent de la surprise pour prendre la fuite, aidés par les esclaves du palais qui en connaissent tous les passages ingrats que n’empruntent jamais les Melnibonéens.

Le père d’Aubec trépasse dans la fuite et, des mots d’Aubec lui-même, il n’aurait jamais réussi à s’échapper sans ce sacrifice héroïque. Aubec trouve refuge, avec quelques autres fuyards, dans les forêts voisines du palais. Les jours, puis les semaines passent, et la rumeur du geste d’Aubec se répand à couvert dans le monde humain. Aubec et ses fuyards attaquent des caravanes Melnibonéennes pour en récolter des vivres et des ressources précieuses, tandis que d’autres rejoignent sa cause après avoir fui leurs maîtres.

Parmi ceux qui rejoignirent Aubec, six devinrent ses lieutenants : Elorden, Simyor, Theonis, Moonphath, Myrsath et Sathra et, ensemble, ils participèrent à transformer le geste fou d’Aubec en un symbole d’espoir pour l’espèce humaine. Ils parvinrent à tenir en respect les troupes dépêchées par les seigneurs Melnibonéens qui ne parvenaient pas à s’entendre sur la réponse à donner à la crise que la province traversait.

Theonis, le plus ingénieux des disciples d’Aubec, participa à la créations d’armes de guerres inédites, et à la conception d’alliages uniques et susceptibles de briser les épaisses armures Melnibonéennes. Il forgea, à cette époque, une lame d’un alliage secret qui devînt l’épée d’Aubec, la relique la plus sacrée de l’humanité.

Les années qui suivirent virent les escarmouches se transformer en batailles rangées à l’avantage numéraire favorisant grandement les troupes humaines. Aubec, toujours en première ligne des affrontements, mène avec une fureur quasiment divine une espèce qui se découvre une fierté et un courage insoupçonnés jusque là. En l’an -1, l’armée d’Aubec le Blanc transforme ses tactiques de défenses en une stratégie offensive et, pour la première fois, conquiert massivement des territoires aux mains de l’Empire. La Province du Lormyr appelle l’aide de l’Île aux Dragons.

L’armée d’Aubec fait halte aux abords de Iosaz, la capitale de la province du Lormyr, où elle se prépare à l’affrontement décisif : celui qui libèrerait ou non l’humanité du joug de ses maîtres cruels. A ce moment là, cela fait des mois que Theonis travaille sur une merveille dont la conception lui est soufflée en rêve par ceux que l’ont viendrait à nommer plus tard les Seigneurs Blancs. Cette merveille, les Ailes de Marbre aux Griffes d’Acier, est formée de dix créatures conscientes faites de matériaux inertes : des Automata. Ces créatures ont la forme d’oiseaux hauts de près de trois mètres répondant à ceux assez vertueux pour les chevaucher.

Au proximité des côtes, Simyor le Navigateur bâtit de petites, rapides et discrètes embarcations pour accomplir le plan d’Aubec.

La légion impériale débarque des barges dorées aux abords de Stegasaz, et s’aventure dans les plaines des fiefs encore dominés du Lormyr pour rejoindre Iosaz. C’est dans les Champs d’Albâtre, une nuit d’orage, qu’Aubec lance son assaut sur les troupes trop fières, et trop peu informée sur la position de l’armée adverse, pour se fortifier. La visibilité, ce soir là, est très mauvaises, mais les hommes ont vécu leur vie dans l’ombre de leurs maîtres, et combattus pendant près de cinq ans dans la boue, dans le froid et sous la pluie pour en arriver là.

Le Prince-Dragon Qeryyth U’saah s’élève dans les airs sur le dos de Zsyphoryon, le seul dragon qui ait pu être éveillé dans les cavernes d’Imrryr. Dès qu’il s’élève dans les airs, il est pris d’assaut par les Ailes de Marbre aux Griffes d’Acier sur lesquelles les archers et sorciers Melnibonéens concentrent leurs tirs et sortilèges.

Cette diversion permet à la cavalerie menée par Aubec de charger non pas sur le flanc, comme le voulait la stratégie employée jusque là, mais frontalement de manière à occuper l’attention des fantassins écarlates, permettant au plus grand nombre de soldats humains de rejoindre la mêlée.

Au large des côtes du Lormyr, Simyor tendait une embuscade aux Barges Dorées Melnibonéenne bloquées dans la baie de Stegasaz. Les navires humains ne réussirent pas à prendre le contrôle des navires, mais les assauts furent suffisamment violents pour forcer la marine impériale en retraite dans les eaux plus profondes où aucun navire humain ne peut les atteindre.

C’est ainsi que, dans la confusion et en sous-nombre, ne pouvant être aidé par leur pourtant si puissant dragon, l’armée Melnibonéenne dû sonner la retraite pour découvrir, à son arrivée dans le port de Stegasaz, qu’aucun navire ne les attendait.

Prise en tenaille, n’ayant plus d’échappatoire, et face à un adversaire uni, courageux et suivant un meneur auréolé de gloire, l’armée Melnibonéenne fût massacrée.

Un peu moins d’un mois plus tard, la province du Lormyr est libérée de l’emprise du Trône de Rubis et les armées blanches d’Aubec partent à la conquête d’Argimiliar et du Filkhar dont les campagnes s’avèreront longues et douloureuses pour les armées humaines libres comme pour les armées Melnibonéennes.

Aubec, tout au long de sa révolte, n’a cessé de dire qu’il ne serait jamais roi, car il n’en avait pas l’étoffe, quoi qu’en disent ses innombrables admirateurs et disciples. C’est ainsi qu’il refusa le titre d’empereur du [[Lormyr |Lormyr] qu’on lui proposait les bras tendus, lui préférant le titre de Comte d’un petit fief qu’il se créa, le Comté de Malador.

Aubec participa aux campagnes d’Argimiliar et du Filkhar jusqu’à leurs termes : il est alors âgé de soixante ans bien que l’âge n’ait pas semblé affecter son corps. Lorsque la guerre est enfin terminée, Aubec, pourtant fiancé à Sathra, s’équipe, un soir d’orage, seulement de son épée et quitte Malador pour partir vers le sud. La légende veut qu’il émane de lui, ce soir là, une aura de majesté, une lumière divine. Enfourchant son cheval, il dit alors à ses six disciples originels : “Là où je vais aucun d’entre vous ne m’accompagne, mais là où vous me suivrez, il y aura toujours un refuge pour l’humanité”.

Aubec disparu ce soir là, et la quête pour le retrouver ne connu jamais le succès, bien qu’elle permit à l’humanité de découvrir les terres au Sud du points austral du Lormyr et, notamment, Dorel et Tyrin.

La légende d’Aubec est connu de tous les habitants des Jeunes Royaumes : elle est le mythe fondateur de l’humanité moderne et le berceau de la fierté humaine.

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