Gorjhan

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Géographie

Une cité au cœur d’un vaste territoire

La Cité aux Mille Divinités se trouve être la cité-état la plus orientale d’Ilmiora mais aussi la plus méridionale depuis que Rignariom a été arrachée à la fédération.

A quelques dizaines de lieues à l’est de la cité se dressent les falaises qui bordent les Steppes des Larmes. Contrairement à Karlaak, la cité de Gorjhan et sa zone de chalandage plus généralement se situent en contrebas des Steppes, ce qui ne permet pas une défense aussi fiable de ses terres.

Au nord, une semaine de chevauchée mène à Karlaak, la grande rivale de Gorjhan. A seulement deux jours de chevauchée dans cette même direction, les voyageurs peuvent contempler les chutes de Razzi’m, parmi les plus hautes des Jeunes Royaumes. Ces chutes se déversent dans le Lac Piégé, connu pour ses reflets turquoises, et de ce lac se déverse le gigantesque fleuve Makhar qui borde Gorjhan puis qui poursuit sa descente vers le Vilmir et la Baie d’Arkhos, au gré d’un cours sinueux définissant une vallée d’exubérante abondance.

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A l’ouest et au sud s’étendent de vastes plaines arables qui font la richesse de la cité. Certaines de ces terres sont les terres ancestrales de la Cité des Fidèles, tandis que d’autres, marquées par le franchissement des collines albâtre, appartenaient autrefois à Rignariom. De fait, Gorjhan dispose de la plus importante zone de chalandage de toutes la fédération, mais ce vaste territoire, frontalier du belliqueux Vilmir, est mal protégé et la région s’en retrouve l’une des plus dangereuses d’Ilmiora.

A l’intérieur et au-delà du Mur des Affranchis

La cité de Gorjhan s’organise, au sein des murs, autour de cinq collines, du fleuve Makhar et de la rivière Siiba, un confluent maigrichon en comparaison. Contrairement à Bakshaan, les quartiers ne sont pas systématiquement séparés par des murailles, à l’exception du Plateau des Idoles Déchus, siège du palais du sultan et des familles nobles vassales.

Toutefois, la cité ne se limite plus depuis bien longtemps à l’intérieur de ses murs. Ses récoltes importantes et la qualité de ses sols ont poussé la population à croître de manière importante, et cette croissance endogène s’est renforcée l’exode d’une partie des populations de Rignariom. Aussi, ce qui était autrefois des faubourgs s’est transformé en quartiers à proprement dit, et la cité ne montre pas de signe de ralentissement de croissance.

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Histoire

A la fin de l’ère impériale, Gorjhan est le principal point d’entrée en Ilmiora pour les marchandises venues des Terres du Sud et l’une des cités les plus prospères d’Ilmiora. La population de Gorjhan se soulève en 23JR et la révolution dure 31 ans avant d’aboutir sur l’intrônisation de Murad et de sa lignée, devenus sultans de Gorjhan. Les temps d’après les révoltes des Terres du Nord changent les équilibres économiques lorsque le Vilmir et Ilmiora deviennent antagonistes, ou du moins rivaux. Coupée de ses sources de revenus au sud, Gorjhan dépérit économiquement et s’installe à la place des bourgeois un pouvoir religieux hétéroclyte encore très présent aujourd’hui : la Maison des Innombrables.

Gorjhan, alors en proie à des guerres intestines, est conquise par une armée Vilmiroise en 102JR et l’occupation dure 45 ans. C’est une nouvelle révolte, rapidement soutenue par Karlaak par une offensive à l’ouest du Vilmir par les autres cités-état, qui permettra aux gorjhani de remettre sur le trône une nouvelle dynastie, celle de Khémet. La cité, depuis, a adopté une attitude très hostile envers le Vilmir et n’hésite pas à s’engager dans des escarmouches meutrières pour protéger sa frontière.

Conspirations voilées à la cour du sultan

On trouve à la tête de Gorjhan un sultan héritier de Khémet l’immortel. Le sultan et sa cour proche quittent rarement les somptueux et démesurés palais du Plateau des Idoles Déchus, bâtis avec les pierres des spires melnibonéennes qui y résidaient autrefois. Véritable cité dans la cité, on n’y entre qu’avec l’invitation expresse d’une des éminences, les conseillers du sultan et les nobles admis à sa cour. La lignée de Khémet a toujours craint pour sa mortalité et aucune mesure n’est de trop pour garantir la sécurité du sultan, de ses trois épouses ou de ses treize enfants. La vie politique s’organise ainsi au sein du Plateau, où toute la noblesse est cousine d’une manière ou d’une autre.

Pour l’assister dans ses décisions, le sultan nomme des vizirs, ou ministres, parmi les éminences, généralement au nombre de dix à quinze. Il est coutume que trois de ces postes soient détenus par le clergé des Innombrables et au moins cinq par des membres de la famille du sultan, au gré des alliances et du prestige de ceux-là. Les autres postes sont de libre attribution et on y a trouvé, par le passé, des étrangers, des sorciers, des maîtres de guildes ou même des gens du communs s’étant attirés les grâces de leur seigneur.

Le sultan Javid IV est surnommé le charitable en raison de sa propension à organiser des festivités religieuses en ville et pour son accueil des réfugiés rignarois. Relativement discret, il ne sort pour ainsi dire jamais du confort du plateau. Sa politique expansioniste commercialement, et sa posture ferme sur la reconquête à venir de Rignariom ne sont un secret pour personne. Sur le premier plan, la stratégie gorjhani paie, grâce à l’ouverture de lignes commerciales via la descente du Makhar et à la sécurisation de ce voyage par le recours massif à des mercenaires venus des Steppes et par la finalisation du grand fort d’Asturion. Cette stratégie a fait la gloire et la fortune de Masoud Ben Orod, un ancien marchand karlaakin connu pour avoir renégocié avec brio un contrat portant sur des gemmes pour le compte de la cité d’ambre et de jade en Orient Mystérieux. Sur le deuxième plan, la frustration du sultan est grande : ses troupes sont mal équipées, trop peu nombreuses pour la taille du territoire et très peu adaptées à la reconquête d’une cité. Trois généraux se sont ainsi succédés à la tête des armées, avant de perdre les leurs.

Sur les affaires célestes, Javid IV est naturellement conseillé par les trois Innombrables, mais également par l’oracle de Gorjhan, sollicitée en cas de grave dilemme. Connu pour sa piété, le sultan s’est adjoint les services d’un mage et astrologue de renom et que l’on nomme Shahin (“l’ombragé”, en dialecte quarzhasi) pour l’assister dans sa compréhension des signes divins. Shahin et les trois Innombrables cohabitent difficilement et plusieurs scènes d’éclats ont déjà eu lieu dans les couloirs du palais, sans que le sultan ne punisse ni les uns, ni l’autre, préférant rire de ces querelles sommes toutes très humaines.

La noblesse gorjhani est éminément revancharde : la cité a beaucoup souffert depuis l’indépendance et son statut de mineure parmi les quatre grandes cités Ilmioraises ne lui convient absolument pas. L’ambition partagée des puissants de la cité est claire : reprendre sa place de cité la plus prospère et récupérer a minima les voix du Sénat qui lui ont été dérobées en échange de sa libération des griffes du Vilmir. Réaliser le coup d’éclat de reprendre, seule, Rignariom, serait là le meilleur moyen de faire constater son statut renouvellé à ses soeurs. Ainsi, Rignariom et la puissance militaire pour mettre en oeuvre cette démonstration de force, malgré la piètre tradition guerrière de la cité, sont devenus un enjeu clé des débats du plateau.

La Maison des Innombrables et le Temple du Premier

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Gorjhan est connue à travers les Jeunes Royaumes pour son nombre incalculable d’autels, temples, statues, idoles et éfigies dédiés à toutes sortes de divinités dans une myriade d’aspects. La Cité aux Mille Divinités honore des dieux dont le nom a été oublié depuis des siècles ou des millénaires et collectionne les objets de cultes venus des quatre coins du monde connu et d’ailleurs. La piété ilmioraise y est donc particulièrement palpable et les rites trop nombreux pour être tous respectés.

A la différence des autres cités Ilmioraises, les cultes ont acquis à Gorjhan une dimension politique importante grâce notamment à la fondation de la Maison des Innombrables. Cette organisation fonctionne à la manière d’une guilde de commerce dont le monopole serait celui des affaires divines. Si les cultes et clergés occupent naturellement ce monopole ailleurs, la Maison a d’étonnant de regrouper dans une instance unique des disciples de divinités adversaires ou rivales. Régie par des règles d’attribution de voies complexes basées sur les dons reçus par chaque culte, la Maison des Innombrables se retrouve enrichie par les bourgeois et nobles désireux d’acquérir les bonnes grâces des trois éminences qui siègent au conseil du sultan.

La cité est secouée depuis deux décennies par l’émergence d’un culte unique dans les Jeunes Royaumes qui malgré qu’il est clandestin se surnomme le Temple du Premier. Ce culte tire ses préceptes d’un livre découvert dans l’Orient Mystérieux et titré A la source du flot des origines, lui seul contemplait les ères à venir. Ce livre instruit une hiérarchie divine, tirée de la création du monde, dans laquelle les dieux de la Loi et du Chaos sont le fruit de la création du Premier non pas en tant que fins respectives, mais en tant que démons tentateurs de l’humanité. Si le Temple du Premier n’a pas d’existence officielle, ses cultistes sont pourchassés par les autorités pour offence envers la personne des dieux. Un crime puni de mort.

Quartiers et lieux d’intérêt

Le Mur des Affranchis et la Porte Bleue

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Entourant Gorjhan dans son sens traditionnel, c’est-à-dire le centre-ville aujourd’hui, le Mur des Affranchis fait partie des merveilles des Jeunes Royaumes. Haut de trente mètres, large de huit et long de près de huit kilomètres, cette fortification a permis à la cité de se défendre à plusieurs reprises dans des circonstances où les nombres étaient à sa grande défaveur. Le Mur des Affranchis, on le comprend bien, est une anomalie dans une terre où les sièges sont rares.

Le Mur doit sont nom aux gravures qui le parcourent et démarrent à la Porte de la nouvelle aube. Celles-ci, réalisées entre 54JR et 67JR, retracent les noms et histoires des hommes et des femmes qui s’élevèrent contre le joug impérial pour faire de Gorjhan la cité libre qu’elle est aujourd’hui. Ainsi, celui qui pénètre à Gorjhan ne peut ignorer les légendes humaines qui ont fondé la cité. Au-delà de la portée symbolique de l’ouvrage, le Mur des Affranchis est reconnu pour la finesse des sculpture et, à l’époque, pour la beauté de sa coloration, fruit d’imports massifs de pigments d’Occelia et d’Elora. Lorsqu’il fut finalisé, chaque porte du Mur avait sa propre couleur et le Mur lui même était peint au gré des trente ans d’histoires qu’il comptait.

Dans un effort symbolique pour imposer les cultes de la Loi à Gorjhan, et pour mater les premières braises de la révolte, les occupants vilmirois décidèrent de blanchir le Mur, ce qu’ils réussirent à faire dans la quasi-intégralité. Le prélat et ses conseillers avaient toutefois mal cerné l’enjeu d’une telle action, et ce qui devait être un témoignage de force mit les foules dans la rue et déclencha la deuxième grande ère de révolte de Gorjhan. La cité, libéré, ne repeint jamais le Mur. Aussi, il ne reste aujourd’hui qu’une seule porte pour témoigner de l’ancien temps : la Porte Bleue, par laquelle Khémet entra dans la cité avec les troupes révolutionnaires.

La Pinède et les Canaux aux Colonnes

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La Pinède, quartier aux inspirations estiennes, se situe s’étend au sud de Gorjhan, à partir de la jonction entre le fleuve Makhar et la rivière Seeba et jusqu’au sommet de la Colline d’Yglia. Bâti historiquement pour des populations d’esclaves incapables de s’entendre pour des raisons culturelles et ethniques, le quartier connu une exode brutale pendant les années de la révolte, où la sauvagerie mutine dévoila au grand jour des tensions ethniques non encore résolues. La population estienne, largement minoritaire, fut la cible de plusieurs massacres et, traditionnellement plus pauvre, elle dû se résoudre à fuir la cité, vers Rignariom ou vers le Vilmir plus au sud.

L’invasion de la cité par le Vilmir donna un second souffle au quartier après que le prélat décide d’installer son palais au sommet de la Colline d’Yglia. Les dignitaires vilmirois restaurèrentla Pinède, voire la rebâtirent complètement à certains endroits, quitte à perdre les éléments architecturaux propres à la cohabitation ethnique millénaire de la cité. Le quartier s’enrichit à cette époque considérablement et vu l’arrivée de somptueux temples de la Loi, ainsi que du plus grand hippodrome d’Ilmiora. Le quartier connu une seconde chute, tout aussi spectaculaire que la première, lorsque les Gorjhani se révoltèrent contre l’occupant vilmirois. Mlagré sa richesse et sa modernité, le quartier connu un désamour important et se retrouva dépeuplé et hôte d’une population estienne majoritairement pauvre.

Plus récemment, l’invasion de Rignariom et l’exil de plusieurs familles nobles estiennes à Gorjhani a redonné un semblant de vie au quartier qu’ils privilégient naturellement. Les ressources déployées par certains mécènes ont conduit à la restauration de plusieurs monuments importants, y compris les amphithéâtres d’Ismail que les vilmirois n’avaient pas pris la peine de remettre en état. Le petit Rignariom qui a pris place au centre de la Pinède retrouve ses lettres d’honneur et attire même des nobles quarzhasi, généralement si enclins à éviter les quartiers estiens.

Les Canaux aux Colonnes, bâtis sous l’emprise vilmiroise, définissent la partie nord du quartier. Ce réseau de canaux divertit une partie de la puissance du fleuve Makhar vers un complexe système hydraulique permettant l’irrigation d’un aqueduc alimentant le quartier, mais surtout la Colline d’Yglia et l’ancien palais du prélat, en eau. Certaines rumeurs évoquent la présence d’un automate pour réaliser cette prouesse architecturale, mais aucun tel automate n’a jamais été découvert. En dehors de l’aqueduc, les canaux définissent un quartier singulier formé d’îlots où reposent des temples dédiés aux idoles de la Loi.

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Les Quais de Calcaire et Port-du-Midi

Les terres au nord de Gorjhan sont parsemées de champs et de cultures au gré du fleuve Makhar. A mesure que l’on se rapproche du Lac Piégé et des Steppes des Larmes, des carrières font leur apparition et extraient du calcaire de bonne facture, utilisé à Gorjhan pour la construction d’édifices en tout genre. Les blocs de calcaires, extraits des falaises notamment, son acheminés par de longs navires à la coque plate jusqu’à la Cité Fidèle. Historiquement, le débarquement des blocs de pierre se faisait dans l’enceinte de la cité, dans ce que l’on nomme les Quais de Calcaire, à l’époque où les murs ne débordaient pas d’habitations et de commerces, du moins. Aujourd’hui, les quais de calcaire servent essentiellement à l’approvisionnement de la cité pour toutes les marchandises venant par voie fluviale du nord, y compris de Karlaak. Les marchandises ayant vocation à transiter vers la zone de chalandage de Gorjhan, voire des faubourgs, sont entreposés à l’extérieur des murs, dans de vastes entrepôts que l’on considère également comme faisant partie des quais de calcaire.

Les marchandises arrivées, ou produites, à Gorjhan et ayant vocation à transiter vers le sud sont acheminées jusqu’au Port-du-Midi. Situé au sein des murs de la cité, dans la partie sud, le port connaît un développement économique important et empiète sur les zones traditionnellement résidentielles qui l’entourent. Récemment réaménagé et traduisant la volonté d’ouverture de la cité, cette infrastructure fluviale reçoit d’immenses navires chargés de déplacer les marchandises depuis Gorjhan jusqu’au comptoir fortifié d’Asturion, qui marque l’interface avec l’Océan Oriental. Ce voyage, longeant la frontière vilmiroise, est relativement risqué et les cargaisons lourdement gardées en conséquences. L’espace maritime au-delà d’Asturion est également parcouru par des corsaires vilmirois nuisant au commerce dans la zone.

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