La Bataille de Bakshaan

La Bataille de Bakshaan

Contexte

La Bataille de Bakshaan intervient dans un contexte politique et religieux extrêmement tendu au sein de la cité-état. A la suite d’une procession ayant viré au drame, la gronde contre la gestion de la cité par les sénateurs, et plus particulièrement par le Haut-Sénateur Partann Ishméria, explose et se transforme en révolte populaire menée par un certain Galdar.

Le massacre de fidèles provoque une attaque Vilmiroise contre la nation Ilmioraise et contre Bakshaan en particulier. Officiellement, l’armée du royaume blanc a pour objectif d’assurer la sécurité du pieux peuple de la Cité Ambitieuse. Officieusement, le royaume du roi Naclôn espère mettre sous tutelle la région sud-est de la fédération du paon.

Le Haut-Sénateur perd initialement tant la main sur la cité que son départ, au profit du sénateur Faratt bin Sellyr al-Bakshaani ne fait presque aucun doute. La révélation de fréquentations de Faratt nuisibles, ou carrément ennemies, à la cité suivie d’une série de revers politiques et circonstanciels, restaure fébrilement Partann qui promet la tenue d’élections anticipées si la cité parvient à conserver son indépendance.

Parallèlement, les temples blancs traversent une phase de remous tandis que Lydéric d’Astyr accuse Hek de Mirn de corruption et de comportement indigne de sa charge. Les Blancs-Manteaux se divisent, et c’est la mort du Haut-Prêtre, autant que du rival de Lydéric, qui permettra à Admons de restaurer un semblant d’ordre dans les rangs en attendant l’issue de la bataille.

Heureusement pour Bakshaan, une invasion d’ampleur des troupes de Pan Tang contre la côte occidentale du Vilmir force une part importante de l’armée en route à rebrousser chemin, de même que l’armée d’occupation qui la suivait. L’armée blanche ne pourra pas tenir les territoires conquis et il ne lui reste que deux choix : pousser jusqu’à Bakshaan dans l’espoir de prendre la cité, ou rebrousser chemin et faire face au déshonneur de ses généraux. Toute autre armée aurait pu hésiter, mais pas l’endoctrinée armée de Naclôn qui force la marche vers la Cité Ambitieuse.

La veille de la bataille, deux armées se rejoignent au nord du Château Nikorn : la première, menée par Oren d’Elora est composée de troupes ilmioraises, généralement désorganisées et dépareillées, tandis que la deuxième est une armée, réputée dans la fédération, venue du Krak de Laem au nord. Les deux armées stationnent dans le château au milieu des marécages avec la bienveillance des généraux de Bakshaan.

A la veille de la bataille, Partann tient entre ses mains le destin d’une cité-état fragmentée en diverses factions qui cohabitent tant bien que mal. Les armées alliées réunies devront faire face à une armée en surnombre et au moral d’acier. Partann espère secrètement que son émissaire auprès d’Ilmar a réussi à y trouver le soutien nécessaire pour faire pencher la balance en sa faveur.

Déroulement

Parfaitement organisée, ses bannières blanches claquant au vent, l’armée de Vilmir apparaît sur le flanc Est de Bakshaan au petit matin. Trois massives silhouettes se distinguent des fantassins et cavaliers : des Princes Colossaux aux Bras de Marbre. Ces automata, dons des dieux de la Loi, existent pour une unique tâche, celle d’abattre les murailles qui séparent les armées pieuses des armées infidèles. Quelques unités de Chevaliers de l’Ordre des Rouages Célestes et de Repentis de Miggea complètent un ost de lanciers, de fantassins, d’archers et de cavaliers.

En face, sise sur les murailles géantes qui bordent le Vieux-Quartier et le Caravansérail, l’armée de Bakshaan renforce ses portes, place ses archers contre les créneaux et sa cavalerie en deuxième ligne. Les Blancs-Manteaux de Lydéric se répartissent dans l’armée qu’ils inspirent et rassurent. Ignorant la présence des armées d’Oren et du Krak, l’armée Bakshaanite a du mal à contenir les doutes qui l’assaillent.

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Oren, quant à lui, fait face à un cruel dilemme : comment retarder la révélation de ses troupes sans pour autant mettre trop en péril les troupes de la cité-état ?

Selon la tradition Estienne, le général des armées du Vilmir fait envoyer un messager à Bakshaan porteur d’une proposition de reddition, ce message rappelle également que les troupes Vilmiroises ne pénétreront dans aucune maison dont la porte sera fermée et qui n’abritera pas de menace pour l’issue de la bataille. La population est déjà, à ce moment là, barricadée chez elle depuis la veille, et la ville est quasiment déserte en apparence.

Un rayon de soleil darde à travers les épais nuages gris pour éclairer la tente du général envahisseur, et ce signe des dieux marque le début d’assaut. Les cors sonnent dans la plaine, et les armées uniformes avancent d’un pas cadencé dans l’air lourd et humide qui caractérise la région. L’armée est parfaitement organisée : les Princes Colossaux avancent en premier, implacables, vers les portes Est de la cité, suivis des lanciers et hommes d’armes, les archers et les cavaliers étant en retrait, ces derniers étant destinés à une attaque latérale comme le dicte l’art de la guerre Vilmirois.

Le sol tremble sous les pas des automata, les archers Bakshaanites préparent leurs flèches dans un calme annonciateur des horreurs à venir. Un cor sonne depuis l’arrière des murailles de briques orangées, et le ciel s’assombrit de milliers de traits qui projettent au sol leurs cibles. Une deuxième volée part en direction des troupes blanches, puis les archers du Vilmir se retrouvent à portée et les tirs s’échangent. Les Flèches d’Arkyn, archers des Blancs-Manteaux, s’illustrent particulièrement dans ces premiers instants de la bataille. La muraille gargantuesque avantage considérablement les troupes Bakshaanites, mais rien de tout cela ne paraît en mesure de mettre un terme à la marche des Princes Colossaux.

Le premier automaton atteint la porte Nord-Est de la cité, et la violence du choc entre ses bras de marbre et la porte la fait voler en éclats, projetant au sol toutes les troupes a proximité sur la muraille : la brèche est immédiate et les troupes Vilmiroises commencent à s’y engouffrer. Heureusement pour les défenseurs, et contrairement à beaucoup à Bakshaan, la Muraille Gargantuesque ne tire pas son nom d’un mensonge et l’automaton déchaîné, quoi qu’implacable, avance lentement dans son processus de destruction méthodique.

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Au Nord-Ouest, une armée venue d’Ilmar longeant les rives du fleuve Barlimm apparaît et s’engage rapidement dans la bataille, précipitant ses troupes vers l’intérieur de l’enceinte pour une partie et en contournement pour l’autre. Au Nord-Est, les troupes combinées du Krak et de l’Assemblée se déploient dans le marécage et préparent leur assaut, imminent désormais. Les Chevaliers du Krak récitent le poème “Le Marchand et Äponäa”, un dérivé lointain de la geste “Le Chevalier-menestrel et Äponäa” contée au Shazaar, sensé apporter la bénédiction de la divinité des équidés. Oren délivre un puissant discours dont l’histoire retiendra seulement la phrase : “A Bakshaan, tout s’achète et tout se vend : nous venons acheter une amitié durable et nous la paierons de notre sang.”

Tandis que les troupes Vilmiroises s’engouffrent dans le Caravansérail, où ils sont accueillis par une les Piques du Justicier menées par Lydéric en personne, le deuxième automaton entre en contact avec la porte Sud-Est de la Cité Ambitieuse qui est également détruite instantanément. L’ordre est donné par Oren, et la marche hors des marais se transforme en course, puis en charge avec en fer de lance les Chevaliers du Krak. L’impact est ravageur et les troupes Vilmiroises au Nord sont massacrées et mises en déroute par dizaines.

L’armée Vilmiroise envoie ses cavaliers en renfort du flanc Nord, ce qui arrête l’hémorragie et met sous pressions les archers et hommes d’armes de l’armée du Crépuscule. Une troupe de cavaliers, menée par Damaseh Theoden, s’illustre particulièrement dans la défense des fantassins et défie des conditions d’engagement extrêmement défavorables en partie grâce à la force légendaire de son meneur. Les Zhare’s font effet de contrecoup et leur charge, combinée à l’arrivée de cavaliers d’Ilmar, fait de nouveau pencher ce flanc à l’avantage des défenseurs.

Le troisième automata atteint la porte au centre de la muraille Est de Bakshaan, qui ne tient guère plus longtemps que ses sœurs. De l’autre côté de la porte, les défenseurs se pressent de combler la brèche à coup de boucliers, de lances et d’épées des Blancs-Manteaux, quitte à se mettre sous les pieds du colosse sans état d’âme. Les récits de la bataille content qu’alors, Daphnys Aspasi se tenait à trente mètres de la porte, Ailëene Cormlaith derrière elle, lui tendant une lance d’albâtre et d’argent. Ellyon la saisit, et après quelques instants d’ajustement, la propulsa en direction du Prince Colossal. Si fort, dit-on qu’il perça l’armure de pierre du géant, traversa sa tête sculptée et le terrassa d’un seul coup. La lance semblait alors portée par les airs, comme tirée par l’arc de Lassa. On retrouva supposément la lance jonchée dans le sol, une demi-lieue plus loin, à quelques pas seulement de la tente du général Vilmirois.

Prendre la porte centrale parait désormais une tâche trop coûteuse, et les troupes blanches sont redirigées vers les portes Nord et Sud. Le Caravansérail s’avère trop difficile à tenir pour les défenseurs en raison des grands espaces qui le composent, particulièrement en sous-nombre et face aux terribles Repentis de Miggea, une troupe de fanatiques particulièrement adaptée à percer les positions défensives des troupes Bakshaanites. La retraite vers la deuxième enceinte est sonnée : le Sénat ne peut pas être pris par l’ennemi. Les troupes Ilmaroises ont déjà commencé à prendre position sur les murailles qui bordent le Centre-Ville et couvrent la retraite des Blancs-Manteaux et Bakshaanites restants.

En dehors des murs de la cité, les troupes Ilmaroises, du Krak et de l’Assemblée sont submergées par l’interminable armée du Vilmir. Pour chaque homme qui tombe, deux prennent sa place. Les Chevaliers du Krak font face à un adversaire puissant, les Chevaliers de l’Ordre des Rouages Célestes dont les armures mécaniques les rendent infatigables. Les hommes-rouges sont isolés derrières les lignes ennemies et encerclés. La doctrine Vilmiroise prévoit la façon de terrasser un adversaire dans cette configuration : entouré, les troupes Vilmiroises avanceront uniformément pour présenter un front de tous les côtés de l’adversaire, jusqu’à ce que celui-ci fonce sur l’un des côtés du cercle, moment auquel une troupe de cavaliers arrivera en renfort pour prendre de flanc la troupe prise au piège. Ancelin Athénaïr conscient du destin à venir pour ceux qui le prennent comme un demi-démon, ordonne à sa troupe d’hurler à l’unisson les mots “Jnt bn’hkr”, que l’on pourrait traduire en langue commune par “piège des cavaliers”.

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Les cris atteignent les Zhare’s encerclés qui, après, quelques instants se mettent à chanter leur hymne de courage, le Zhares Mk Tqrn. Des mouvements ont lieu parmi les guerriers rouges, tandis que les troupes blanches démarrent leur approche uniforme et maîtrisée. Le moment venu, le peuple rouge bondit sur son adversaire avec une telle férocité que lorsque les cavaliers arrivent, les Zhare’s sont déjà en position pour réceptionner la charge avec les lances de leurs adversaires qu’ils achèvent après avoir mis en déroute les cavaliers. Les troupes Vilmiroises voisines fuient le champ de bataille. Désormais derrière les lignes ennemies, et libres de se déplacer, les guerriers rouges prennent en tenaille les Chevaliers de l’Ordre des Rouages Célestes, libérant les Chevaliers du Krak dont l’efficacité redoutable libère la ligne de front qu’avait reformé Ancelin pour faire face à l’adversaire. Une troupe de cavaliers menés par Narayan et épaulés par des archers menés par Oreste Reoval, scinde en deux le front adverse : l’un fait face aux troupes du Krak, du Peuple Rouge et d’Ilmar, l’autre à celles du Crépuscule.

Le Vieux-Quartier est envahi à son tour, mais les armées Vilmiroises font face à la résistance inattendue des milices du quartiers, épaulés par des émeutes populaires et des mécréants en tout genre, ce qui ralentit la traversée du quartier et laisse vierge de tout assaut la façade sud de la muraille qui cerne le Centre-Ville, permettant aux défenseurs d’accueillir plus sereinement les troupes accumulées dans le Caravansérail dont un Prince Colossal fraie son chemin vers la porte au nord du Sénat. Si la porte ne tient pas longtemps, les défenseurs ne cèdent initialement pas face aux assauts Vilmirois. Ce n’est que lorsqu’une deuxième brèche est faite au sud que l’attention divisée des défenseurs faiblit et permet aux troupes blanches de pénétrer à l’intérieur de l’enceinte.

Alors que le Centre-Ville est entouré des troupes blanches Vilmiroises, un évènement inattendu se produit. Une silhouette massive apparaît à l’horizon à l’ouest, glisse dans les airs jusqu’à prendre pied sur les hauteurs de la Spire du Gouverneur de Bakshaan. Le dragon, Apscalarophoron, n’est inconnu de personne : ses cicatrices témoignent encore du combat qui l’opposa aux armées d’Aubec à l’aube de l’indépendance des hommes. La bataille s’arrête quelques instants, marquée par la stupeur. Le dragon déploie ses ailes et rugit, fracturant la tête de la Spire qui s’écrase sur le Haut-Quartier en-dessous. Certains des hommes, les plus faibles d’esprit, se mettent quelques instants à genoux, contraints par une volonté qui les submerge. Puis le dragon prend son envol et disparaît à l’Est tandis que la bataille reprend. La question de cette apparition, et sa signification, restera un débat longtemps après la fin de la bataille.

La bataille culmine dans les quartiers autour du Sénat, défendus farouchement par la Garde Prétorienne, conjointement aux Blancs-Manteaux, aux troupes d’Ilmar la rivale et à l’armée affaiblie de Bakshaan. A l’extérieur des murs, les troupes Vilmiroises sont défaites par la coalition alliée de la Cité Ambitieuse, ce qui transforme les murailles de la cité en prison pour les troupes à l’intérieur. Dans un baroud d’honneur, une dernière poussée sur le Sénat a lieu, mais la Garde tient en respect les assaillants. Certaines rumeurs disent toutefois qu’une vingtaine d’agents Vilmirois se sont infiltrés dans le palais pendant cet assaut, mais aucun corps ni aucune trace n’en a subsisté par la suite.

L’armée du Vilmir rend les armes au cœur de la nuit. En guise de tribut, la cité de Bakshaan prélève un soldat sur trois qui est fait esclave, tandis que les autres troupes sont libérées en échange du paiement de réparations par le roi Naclôn. La coutume voulant que la moitié des captifs soit transformée en esclave n’est pas ici complètement appliquée, probablement en raison de l’invasion Pan Tangienne qui menace indirectement Bakshaan.

Conséquences

Conforté dans sa capacité à former des alliances et à défendre la cité, Partann est le premier vainqueur de cette bataille qui met fin aux projets d’invasion du Vilmir. Les villes de Fiikri, Sethnos et Sekerat sont libérées dans la foulée.

La Bataille de Bakshaan

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